Greenpeace fera appel pour libérer ses militants de Russie

Les 30 membres de l’Arctic Sunrise, arrêtés la semaine dernière par les gardes-frontières russes sont depuis dimanche en détention préventive pour deux mois, le temps de conclure l’enquête. Greenpeace ne compte pas en rester là.

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Crédit photo: Greenpeace

D’ici le milieu de la semaine prochaine, Greenpeace devrait faire appel de la décision rendue par un tribunal de Mourmansk de placer en détention provisoire pour deux mois tous les membres de l’équipage du brise-glace « Arctic Sunrise ».

Les 28 militants écologistes, ainsi que les deux reporters freelance qui les accompagnaient, sont accusés d’acte de « piraterie » par les autorités russes pour avoir essayé d’aborder la semaine dernière une plateforme pétrolière Gazprom située dans l’océan Arctique, afin d’empêcher les activités de forage dans cette région.

La « piraterie » - un crime passible de 15 ans de prison dans le pays, selon l’AFP - ne constitue pas un chef d’accusation valable pour Greenpeace qui met en avant la non-violence avec laquelle ont agi ses militants. Le président russe, Vladimir Poutine, l’a également reconnu mais a argué qu’ils avaient « violé le droit international », selon l’agence russe Ria Novosti.

« Une équipe d’avocats internationaux travaille en ce moment pour préparer le dossier en appel », explique, à Aujourd’hui la Russie, une porte-parole de Greenpeace France qui précise que l’ONG a déjà « mené une action en août 2012 sur cette même plateforme, sans qu’il y ait de poursuites judiciaires de cette ampleur

Il s’agit d’une « tentative flagrante d’intimider quiconque s’oppose à la ruée vers le pétrole de l’Arctique», a affirmé le directeur exécutif de Greenpeace International, Kumi Naidoo, dans un communiqué de presse.

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Appels à la libération

Ces «30 de l’Arctique» sont donc maintenus en préventive jusqu’au 24 novembre, dans cinq centres de détention de la région de Mourmansk, au nord-ouest de la Russie.
Pour Kumi Naidoo, « nous n’arrêterons pas avant que les 30 soient libérés et rentrés à la maison avec leur famille ».

L’ONG qui a lancé une pétition sur son site Internet « Demandez au gouvernement russe de libérer nos militants ! Agissez maintenant ! », a également reçu le soutien de Amnesty International et Human Rights Watch.

Les Pays-Bas ont, quant à eux, invoqué le droit maritime –le navire bat pavillon néerlandais- auprès des autorités russes pour demander la fin de la détention des membres de l’équipage.

L’Arctique, un combat crucial

D’après la porte-parole de Greenpeace France, les 30 militants «ont toujours le moral» malgré leur arrestation et « croient toujours en cette campagne» intitulée « Save the Arctic ».

Lancée en 2012 par l’ONG écologiste, cette campagne de sensibilisation autour de l’océan Arctique vise à protéger cette région du globe.
« L’Arctique est pour nous à la fois le symbole du dérèglement climatique et des conséquences de celui-ci», explique la chargée de communication.
La fonte de sa calotte glacière s’est accélérée cette dernière décennie, cette région doit donc rester un environnement préservé notamment de toutes exploitations pétrolières, toujours plus intenses, selon Greenpeace.

Outre le réchauffement climatique, l’organisation écologiste veut combattre en Russie la contamination des eaux et des sols comme le montre son action autour du lac Baïkal, mais aussi prévenir les catastrophes comme celle de Tchernobyl et préserver les forêts du pays.

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