Gorki Leninskie, dernière demeure de Lénine

A 10 km de Moscou, le petit village de Gorki abrite un domaine chargé d’histoire où Lénine a vécu ses derniers jours. Visite guidée avec notre partenaire Tsar Voyages.

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Gorki Leninskie

Le 21 janvier 1924, à 18h50, Lénine rendait son dernier soupir… Phare de l’humanité pour les uns, féroce inventeur du totalitarisme pour les autres, Vladimir Ilitch Oulianov, 54 ans, pouvait à sa mort se glorifier d’avoir créé le premier état communiste de la planète, et d’avoir, au moins sur le papier, donné le pouvoir aux ouvriers et paysans.

Après une première attaque cérébrale début 1922 puis une seconde à la fin de la même année, les médecins de Lénine jugèrent impératif de lui trouver un lieu calme et confortable afin de garantir un éventuel rétablissement. La propriété à Gorki présentait toutes les qualités requises : proche de Moscou (mais suffisamment loin, dirent les cyniques, pour qu’il ne gène pas le nouveau maître du Kremlin), bénéficiant de tout le confort moderne de l’époque avec sa centrale électrique, sa ligne téléphonique directe, des salles d’eau à l’hygiène irréprochable et un environnement idyllique assurant calme et grand air.

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Lénine après son attaque cérébrale
1922

Le domaine de Gorki, tire son nom des collines surplombant la rivière Tourovka sur lesquelles il est situé. Il vit la construction d’un premier manoir à la fin du 18e siècle, manoir qui passa de mains en mains, notamment celles du Prince Dourassov, avant d’être racheté à l’aube du 20ème siècle par celle qui devait lui donner son âme et son cachet actuel, Zinaida Morozova, veuve du richissime marchand et mécène Savva Morozov, épouse en seconde noces du Gouverneur de Moscou lors des évènements de 1905, le Général Rheinbot.

Pour mener à bien la transformation du manoir, elle fit appel au plus célèbre architecte de l’époque, Franz Schechtel, qui avait précédemment construit l’extraordinaire résidence gothique moscovite de son mari Savva (visible au 17, rue Spiridonovka) et était également l’auteur de cette réussite parfaite d’Art Nouveau qui est appelée aujourd’hui la Maison de Gorky, du nom de l’écrivain prolétarien qui l’habita, sans l’aimer, après la révolution (visible, avec son incroyable escalier, au 4, Malaya Nikitskaya Oul.)

Visiter Leninskie Gorky aujourd’hui, c’est aller aussi à la rencontre de la Russie moderne qui ne sait plus très bien si elle doit célébrer la mémoire du grand révolutionnaire ou bien celle de l’aristocrate sensible qui enchanta ces lieux. Une fois encore, l’adage se vérifie : « En Russie, même le passé est imprévisible » et c’est donc, prudemment, un aimable mélange des deux mémoires que les guides des lieux nous livrent désormais.

L’immense territoire est propice aux promenades familiales et outre le bâtiment principal où mourut Lénine et l’annexe où il résida brièvement pour un premier séjour, il est possible de visiter les « Appartements de Lénine au Kremlin » reconstitution dans un joli pavillon classique des appartements et bureaux qui y furent déménagés en 1994, après avoir été abrités au Kremlin depuis 1955. On y retrouvera l’authentique bureau de Lénine avec différents objets devenus mythiques, comme le singe s’interrogeant sur l’évolution darwinienne. Une énorme bibliothèque rendant compte de la curiosité universelle du révolutionnaire et de nombreux objets témoignant d’un quotidien d’une grande simplicité.

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Lénine à son bureau
TV

Les amateurs de voitures rares seront enchantés de découvrir ce qui est probablement l’unique exemple d’une Rolls Royce à chenilles, merveilleux bricolage du génie russe pour adapter la meilleure voiture de l’époque aux rudes réalités de l’hiver continental.

Dépendant du même ensemble muséal mais à quelques kilomètres de là, une ravissante isba typique abrite un intéressant Musée de la Vie Paysanne qui expose un certain nombre d’objets de la vie rurale d’avant la révolution, offrant un amusant contraste avec le raffinement moderniste qui prévalait dans le manoir voisin…

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Isba
Musée de la Vie Paysanne

Un contraste à l’origine sans doute des aspirations révolutionnaires de la paysannerie et du prolétariat russes. Si Lénine, guide de la Révolution, les a bien entendues et exploitées, il n’en reste pas moins qu’il expira dans la soie bourgeoise plutôt que dans le lin prolétarien.

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