Forum 1er emploi franco-russe: la parole aux étudiants

Le 14 octobre l'ambassade de France ouvrait à Moscou, le 4ème édition du Forum franco-russe du 1er emploi. Un rendez-vous très attendu par les entreprises françaises et russes. Mais qu'en pensent les jeunes étudiants?

Pour sa quatrième édition, le Forum 1er emploi franco-russe est un succès. Pour les 40 entreprises françaises présentes, 1500 entrées ont été comptabilisées. Soit pratiquement le double par rapport aux années précédentes.

Nicholas Masek, Attaché de coopération universitaire auprès de l’Ambassade de France à Moscou explique que si le forum permet aux entreprises de recruter et de se faire connaître, «leur objectif est aussi de trouver un manager doté d'un esprit multiculturel et d'une formation à la française, notamment en finance et en management

Dans ce but, une synergie entre entreprises et universités franco-russes, soutenue par l'ambassade de France, est engagée depuis quatre ans.

Une rencontre prometteuse

«C'est une opportunité idéale pour se construire une expérience professionnelle internationale», confie Alsou, 18 ans, étudiante russe en économie et en langues. Venue pour trouver un stage, la jeune femme est pleinement satisfaite de pouvoir rencontrer «aussi facilement» de grandes entreprises françaises et de se faire connaître auprès d'elles.

Un avis partagé par de nombreux étudiants russes, autant au début qu'en fin d'études. Issue de Sciences-PO Paris et MGIMO Moscou, Maria est enthousiaste: les recruteurs semblent très intéressés par son cursus en finance et le forum est «l’occasion inespérée de s'insérer dans une entreprise française et internationale

Au stand de l'école française HEC, Naïda, linguiste de formation, confirme que l’organisation d'un forum franco-russe sur l'emploi est une véritable chance: «D'ailleurs nos professeurs nous ont laissé l'après-midi libre pour venir et beaucoup de mes amis linguistes sont ici.»

Mais peu de postes pour les diplômés

Pour les jeunes diplômés en recherche d'emploi, en revanche, le forum semble moins répondre à leurs attentes. C’est le cas de Margot, une jeune femme russe, qui vient spécialement de Saint-Pétersbourg : «Ce forum est une bonne idée, mais les entreprises présentes proposent très peu de postes.»

Formée à l'ENS Lyon, elle travaille dans une entreprise russe de transport et recherche un emploi qui lui permettrait de parler français et d’être mieux rémunéré.

Deux autres jeunes femmes attendent devant le stand de l'Oréal. Parfaitement francophones et pourvues d'une bonne expérience professionnelle, elles sont également déçues car «les entreprises françaises cherchent des spécialistes et proposent peu de postes.»

Toutefois, elles admettent être sélectives dans leurs choix car si des groupes comme LVMH ou Total les intéressent car ils sont prestigieux à leurs yeux, «elles ne se voient pas postuler pour des entreprises comme Auchan ou Atac qui sont pourtant ouvertes à tous les profils motivés.»

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Des rêves de France ?

Naïda rêve de France et de Paris. Elle révèle que beaucoup de diplômés, comme des ingénieurs ou des journalistes, désirent s'inscrire à HEC "pour suivre une formation étrangère et quitter la Russie.»

Kirill, diplômé de l'école de commerce de Sophia-Antipolis à Nice, attend son tour devant le stand Accor et confie que lui aussi aimerait travailler en France, dans un hôtel, mais ne veut pas, pour autant, quitter son pays définitivement. «Ma vie est en Russie

Une position que l’on retrouve chez de nombreux étudiants russes, parfaitement francophones et surdiplômés, qui souhaitent avant tout servir leur pays. «D’ailleurs les Russes diplômés de notre formation sont presque tous restés en Russie pour travailler», affirme à l’unisson un groupe de jeunes de Sciences-PO Paris et MGIMO Moscou.

Quid des étudiants français ?

Parmi la vingtaine d'étudiants français présents au Forum, peu étaient satisfaits. «Les recruteurs cherchent avant tout des Russes», rapporte Nicolas de Sciences-Po Bordeaux.
«Les démarches administratives, comme le permis de travail, sont trop lourdes, pour qu'ils nous prennent, même pour un stage non rémunéré», tente t-il d’expliquer.

Emmanuel, juriste parfaitement russophone et doté d'un diplôme russe, pense que les entreprises russes préfèrent surtout «embaucher un compatriote, plutôt qu'un étranger.»

Quoiqu’il en soit, chacun reconnaît que le Forum est une place unique pour échanger avec des professionnels, faire des rencontres et trouver un emploi.

Le nouveau site Unifr.org, le premier réseau social des formations franco-russes, contribue pleinement à rassembler et à informer les acteurs de la coopération universitaire franco-russe. Son objectif est toujours de renforcer les échanges entre les deux pays, en mettant en valeur les personnes et les structures qui les rendent si dynamiques.

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