Etudiants français en échange universitaire en Russie

Justine, Hermine, Maxime et Sixtine ont choisi la Russie pour poursuivre leurs études. Pendant un an, ils suivent des cours dans des universités de Moscou. Retour sur leurs expériences, entre crises de nerf et instants inoubliables.

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Montage Russie Info

Ils ont un commun leur âge, 21 ans, leurs études, Sciences Po Paris ou Bordeaux, et leur lieu de résidence, Moscou, depuis septembre 2011.

Justine, Hermine, Maxime et Sixtine ne sont pas venus en Russie sur un coup de tête: parce que la troisième année à Sciences Po impose un départ à l’étranger, en stage ou à l’université, ils ont choisi la deuxième option pour s’immerger dans la culture du pays et améliorer leur niveau de russe.

Des débuts chaotiques

«Quand nous sommes arrivés fin août à l’aéroport de Moscou, nous étions une quinzaine d’étudiants de Sciences Po Bordeaux, un minibus de l’université nous attendait. Pendant plus de deux heures nous sommes restés coincés dans les embouteillages, portes et fenêtres ouvertes

Pour Justine les deux premières semaines à Moscou furent moralement dures. Aujourd’hui, elle raconte son installation avec le sourire. «Notre deuxième surprise fut le logement, contrairement à notre attente nous avons tous été séparés. Tous ceux de ma promotion ont été logés dans le même bâtiment de l’université, le bloc 13, mais moi, je partage 25 m2 avec deux étudiantes étrangères, une fille kazakh et une étudiante ossète

Justine vit dans une cité universitaire au terminus d’une ligne de métro. Très loin du centre ville, elle se satisfait parfaitement de ses conditions de vie dans un logement spartiate, mais doté du nécessaire.

Quelques étudiants de sa promotion ne semblent pas du même avis et ont créé un blog humoristique, au titre révélateur «Venez nous chercher !! C’est encore pire qu’avant».

Hormis le logement, la mauvaise compréhension de la langue russe en a découragé plus d’un. Sixtine avoue avoir été démoralisée les premières semaines: «Je suis arrivée avec un niveau assez faible en russe, et je pensais qu’en immersion totale je deviendrais bilingue en un mois. Ce ne fut pas le cas. Aujourd’hui ça va mieux, je comprends les cours et je parle avec des amis russes, mais j’ai encore beaucoup de progrès à faire pour pouvoir travailler ici.»

«Moscou, c’est la jungle»

Moscou trouble les étudiants dès leur arrivée : «Les dimensions sont disproportionnées», «les avenues sont gigantesques et ressemblent presque à des autoroutes en ville. Quant aux immeubles, ils sont identiques, immenses, peu esthétiques mais vraiment impressionnants

Maxime était déjà venu à Moscou. Loin d’être blasé, il dit être «toujours foudroyé par le pouvoir de cette ville, son atmosphère chaotique, complexe, en somme la jungle.»

Passés les aléas de l’installation et les problèmes de langue, les quatre étudiants essayent de s’intégrer tous les jours davantage, et se confrontent au monstre administratif russe.
«Après trois mois de cours, une dizaine de rendez-vous, plusieurs kilomètres de marches dans les couloirs tortueux de l’université et deux boites de chocolat, notre faculté refuse toujours de nous délivrer une carte d’étudiant», raconte Maxime, inscrit au MGU, l’université d’Etat de Moscou.

«Certaines situations ont provoqué des fous rires nerveux ou des crises de nerfs phénoménales… mais on finit par s'y habituer et à en rire».

Et après cinq mois en Russie, les quatre étudiants français ont bien compris qu’il faut faire comme tout le monde: «foncer dans le tas, savoir négocier, mentir, relancer, faire pression...»

L’obligation de la visite médicale

Certaines facultés moscovites obligent les étudiants à passer d’innombrables séries d’examens médicaux. «Les médecins de la polyclinique de l’université m’ont auscultée dans tous les sens, mais plus que de réels examens de santé approfondis, cela ressemblait à une obligation administrative», révèle Justine qui en a gardé un souvenir amer.

«Pour aller à la piscine du MGU, nous devons passer des dizaines d’examens médicaux. Le pire, c’est qu’il faut obtenir une carte dont l’obtention nécessite 2 heures de queue, quelques jours d’attente, et la maudite somme de 5000 roubles (125 euros)», rapporte Maxime. Finalement, comme d’autres étudiants français du MGU, il a demandé à son médecin en France de lui envoyer un certificat médical, «le papier était rédigé en français mais cela n’a pas posé de problème

Des cours moyens mais des soirées mémorables

«Je n’ai pas beaucoup de cours et je trouve que les examens sont moins compliqués qu’en France. Les cours sont plus intéressants par la façon dont ils sont faits que pour leur enseignement», déclare Justine, inscrite à l’Université de l’Amitié des Peuples.

Maxime est du même avis. En échange au FGU, la faculté d’administration publique du MGU, il explique que son inscription est enrichissante uniquement parce qu’il peut suivre des cours dans d’autres facultés du MGU et rencontrer des étudiants russes.

Au MGIMO, l’Institut des Relations internationales, les cours semblent davantage satisfaire la curiosité de Sixtine et Hermine qui acquièrent une bonne formation linguistique.

Finalement, si les cours ne laissent à aucun de ces quatre étudiants une impression fameuse, les soirées de leurs amis russes sont, en revanche, bien au-delà de leurs espérances: banquets orgiaques, week-end à la datcha… «Il suffit de suivre un Russe, dans sa datcha, chez ses amis, dans des soirées, et à chaque fois c'est une surprise, on se retrouve dans des endroits et des situations improbables», explique Sixtine.

De quoi satisfaire ces étudiants heureux de leur séjour en Russie. Et s’ils n’ont pas encore de projets professionnels précis, ils veulent pouvoir travailler dans le plus grand pays du monde ou, au moins, en relation avec lui.

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Portrait de Sasha
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«foncer dans le tas, savoir négocier, mentir, relancer, faire pression..." : petits conseils pratiques pour survivre en Russie ???



Portrait de Léo Vidal-Giraud

Bonjour,

Co-fondateur du blog que vous mentionnez dans votre article, je me sens obligé d'intervenir pour une petite rectification : le lien que vous avez publié ne renvoie pas vers sa page principale, mais directement à l'article le plus noir et déprimé qu'on puisse y trouver, et qui remonte déjà au mois de septembre... Depuis, beaucoup de choses ont changé, et le ton général de nos publications aussi. Pour information, la véritable adresse du blog est : http://veneznouschercher2.blogspot.com/

Pourriez-vous rectifier le lien dans votre article, s'il vous plait ? L'actuel n'a plus rien à voir, ni avec notre état d'esprit, ni surtout avec le contenu et le ton général du blog, qui n'a plus rien d'un cahier de doléances.

Merci d'avance,

Léo Vidal-Giraud



Portrait de Macha
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En même temps l'article parle des débuts à Moscou... c'est plutôt amusant - et encourageant -d'avoir justement les premières impressions et de constater que 6 mois après les choses ont changé.



Portrait de vernon

bonjour,
l'article est intéressant le blog aussi, mais pour de futurs étudiants, sachez qu'il n'y a pas que Moscou, (après je ne sais pas non plus si vous pouvez aller où vous souhaitez, s'il y a des échanges avec d'autres villes) et que dans d'autres villes justement, les prix sont plus adaptées aux bourses étudiantes, les cours pas mauvais, l'administration pas vraiment différente mais la gentillesse fait, elle, toute la différence... un peu comme entre Paris et le fin fond de l'Ardèche)))... après toute intégration se mérite... à méditer sans doute! en tous les cas merci pour la franche rigolade à la lecture du blog... j'ai revécu la coupe de Rugby à vos côtés ah lala quel bons moments!

de retour à samara, suivez le guide!



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