Entretien avec Jean de Gliniasty, Ambassadeur de France en Russie

En poste à Moscou depuis janvier 2009, Monsieur Jean de Gliniasty dresse le portrait de la communauté française en Russie, et témoigne des relations étroites qui unissent les deux pays

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Monsieur Jean de Gliniasty, Ambassadeur de France en Russie/Photo SEMA

Aujourd’hui la Russie : Pouvez-vous décrire la communauté française installée en Russie ?

Jean de Gliniasty : La communauté française installée en Russie compte environ 6.000 personnes. L’indicateur de référence demeure bien entendu le registre des Français établis hors de France qui, au 31 décembre dernier, indiquait que près de 5.800 Français résidaient en Russie. A ce chiffre s’ajoutent les quelques centaines de Français qui ne se sont pas inscrits sur ce registre.

Nos compatriotes résident pour l’essentiel à Moscou (90%) ou dans sa banlieue proche. On trouve également des communautés importantes sur les sites où sont établies de grandes entreprises françaises, comme par exemple à Kalouga ou Togliatti, et bien sûr à Saint-Pétersbourg, la deuxième ville de Russie où résident un peu plus de 400 Français.

La communauté française est jeune (la moyenne d’âge est de 30 ans) et dynamique, et travaille majoritairement dans le secteur tertiaire. 20% des Français sont installés en Russie depuis plus de cinq ans. Les 80% restants sont des expatriés qui ont souvent vocation, avec leur métier, à changer de pays de résidence tous les trois ou quatre ans.

ALR : Quelles sont les principales difficultés que peuvent rencontrer les Français en s’installant en Russie ?

Jean de Gliniasty : Toute expatriation apporte son lot de préoccupations administratives, et la Russie ne fait pas exception. Je constate cependant que les expatriés français qui s’installent à Moscou sont souvent bien aidés localement par les entreprises qui les emploient. La principale difficulté serait certainement, à mon avis, liée à l’acclimatation à un nouveau pays, aux changements de repères. Cependant, une fois la phase d’adaptation passée, vous constaterez que la vie peut être très enrichissante en Russie !

ALR : Quels risques sont pris en compte dans le cadre du plan de sécurité ?

Jean de Gliniasty : Le plan de sécurité est un document de travail interne, non public, qui a vocation à être constamment remanié en fonction de la situation sécuritaire dans l’ensemble du pays. Il est élaboré à partir d’une analyse fine de la situation locale, et représente la synthèse d’un travail pour lequel pratiquement tous les services de l’ambassade sont mis à contribution.

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Par définition, toutes les catégories de risque sont prises en compte dans ce document : naturel, nucléaire, terroriste, politique etc. Chacune de ces catégories de risque est étudiée et un plan particulier pour nos ressortissants est défini. Le plan de sécurité ne se résume donc pas à une énumération de risques pour nos compatriotes résidant à travers le territoire. Sa véritable valeur ajoutée est qu’il apporte une réponse à chacune de ces situations, prévoit des moyens logistiques, sanitaires, recense les infrastructures utiles, prévoit une organisation dédiée en fonction de chaque scénario.

ALR : Sur quels sujets, les relations entre la Russie et la France sont-elles les plus étroites ?

Jean de Gliniasty : La Russie est un partenaire de première importance pour la France, avec lequel nous avons une relation dense et ancienne. Cette relation se veut tournée vers l’avenir, car les enjeux auxquels nous avons à faire face sont des enjeux communs. Membre du conseil de Sécurité de l’ONU, du G8, du G20, la Russie est le plus grand pays d’Europe et un acteur incontournable des relations internationales. La France, qui participe activement à ces enceintes, le fait en travaillant en étroite coordination avec la Russie, avec qui elle entretient un dialogue régulier sur tous les sujets globaux.

Au cours de cette année, nos échanges se sont intensifiés dans tous les domaines. Les rencontres au plus haut niveau qui ont rythmé l’année 2012 (entre nos Premier ministres, ministres des Affaires étrangères, ministres de la Défense) et le début de l’année 2013 avec la rencontre entre nos Présidents de la République, en attestent.

Nos relations économiques sont de long terme et par essence partenariales. Le volume des échanges franco-russes a fortement crû depuis 2000 pour atteindre 21,1M d’euros en 2012, soit une progression de 15 %. Nous sommes le premier fournisseur aéronautique et spatial de la Russie et le troisième investisseur étranger en stock. Auchan, la Société générale/Rosbank (banque), Danone/Unimilk (agroalimentaire) Renault/Avtovaz (voitures), Alstom/Energomash (turbines) et Transmashholding (locomotive), Axa/Reso-Garantia (assurance), Schneider Electric/Samara Electroshield (industrie), Total/Novatek (gaz), autant d’exemples de partenariats franco-russes actifs. A cet égard, notre coopération aéronautique et spatiale est exemplaire de la qualité de notre relation économique, qu'il est prioritaire pour nous de développer encore. Tel est le sens de la récente nomination de M. Jean-Pierre Chevènement comme représentant spécial du gouvernement français pour la Russie.

Enfin, dans le prolongement du grand succès du versant culturel de l’année de la Russie en France et de la France en Russie en 2010, l’année 2012 a été à nouveau placée sous le signe de l’amitié franco-russe, avec la saison de la langue et de la littérature. Plusieurs manifestations culturelles d’ampleur ont rythmé l’année 2012 pour encourager la diffusion de la littérature contemporaine russe et française et promouvoir l’enseignement de nos deux langues.

ALR : Combien d’entreprises françaises sont implantées sur le territoire russe ? Quel secteur est davantage représenté ?

Jean de Gliniasty : Le dynamisme de nos entreprises, de la multinationale à la PME, est un véritable moteur des échanges économiques franco-russes. Plus de 6.000 entreprises travaillent avec la Russie et 400 y sont installées, représentant tous les secteurs possibles. Je sais que les autorités russes travaillent dur pour promouvoir l’attractivité de leur territoire auprès des investisseurs étrangers, et avec succès, comme l’a prouvé leur récente adhésion à l’OMC.

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