En Russie, on parle français même au Tatarstan

A plus de 700 km de Moscou, Kazan a aussi des francophones et francophiles avident d’évènements et de rencontres. Et ce, malgré les (seulement) trois Français, connus de la directrice de l’Alliance Française, installés dans la capitale de la République du Tatarstan.

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Rosa Goubaïdoullina est directrice de l’Alliance française de Kazan depuis sa création.

Aujourd’hui la Russie : Depuis quand l’Alliance française de Kazan existe-t-elle ?

Rosa Goubaïdoullina : L’Alliance française de Kazan a été inaugurée en octobre 2006. Neuf autres Alliances étaient déjà présentes dans les grandes villes de Russie (la première étant celle de Samara en 2001, ndlr). A Kazan, il y avait assez de francophones et de francophiles pour justifier ce projet. Aujourd’hui, la Russie compte 11 Alliances françaises (Ekaterinbourg, Irkoutsk, Kazan, Nijni-Novgorod, Novossibirsk, Rostov-sur-le-Don, Samara, Saratov, Perm, Togliatti et Vladivostok, ndlr) qui sont des associations de droit public russe dont la principale mission est la promotion de la langue française.

ALR : Quelles sont donc vos activités ?

R.G : Nous organisons avant tout des cours de français. En 2011, nous avons eu environ 350 étudiants âgés de 7 à 60 ans. Je trouve aussi nécessaire de soutenir le niveau de français de la douzaine de professeurs qui enseigne à Kazan. Mensuellement, nous les invitons à venir se former sur des questions aussi bien professionnelles que portant sur la civilisation ou l’actualité française.

Pour la sixième année consécutive, nous venons d’organiser la semaine du cinéma français. La salle qui compte plus de 200 places était pleine lors des 10 séances.
Nous avons aussi un festival de théâtre en français qui s’appelle le Coq d’Or ainsi qu’un festival de chansons françaises. Nous avons des projets d’échanges de musiciens notamment entre la ville de Kazan et le département de Seine-et-Marne en France.
Nous préparons également des expositions de photographes français, ou tatares qui se sont rendus en France, et nous nous efforçons d’organiser des rencontres avec des écrivains, des chercheurs et de faire venir des gens de passage en Russie à Kazan.
En 2011 par exemple, l’acteur Pierre Richard, qui était en tournée, est venu passer une soirée amicale avec des jeunes.

ALR : Comment sont financés vos projets ?

R.G : Certains projets sont soutenus financièrement par l’Ambassade de France en Russie, d’autres reçoivent l’aide d’entreprises, mais ce sont avant tout les cours de français qui permettent d’assurer le financement du quotidien.

Je dois avouer qu’à Kazan, et c’est notre problème, il n’y a pas, ou peu, d’entreprises françaises pour nous soutenir. C’est pour cela que nous comptons beaucoup sur nous-mêmes. Nous avons malgré tout réussi à nous faire connaître et à réaliser de beaux projets.

ALR : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?
R.G : On travaille dans un contexte bilingue de société multiculturelle. Les autorités et la population portent forcément plus d’intérêts aux cultures islamiques des anciennes républiques asiatiques qu’à la culture française. La langue tatare étant la langue officielle de la République du Tatarstan, elle est enseignée à l’école avec le russe. Les cours sont déjà chargés pour les élèves qui apprennent en plus l’anglais.

Les cours de français reviennent donc financièrement à la charge des parents qui souhaitent l’enseigner à leurs enfants. Ce coût financier empêche la promotion de la langue. Nous essayons donc de créer des partenariats avec différents établissements pour enseigner le français dès les petites classes.
La liste des réseaux des Alliances Françaises en Russie sur le site de l'Ambassade de France

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