En Russie, le goût de la France ne se dément pas

A Moscou, les master-class sur les marques françaises remportent un vif succès. Que ce soit pour la gastronomie, la mode ou l’étiquette à la française, l’engouement des Russes pour ce qui vient de France est toujours aussi fort.

Photo: Bureau Cécile Rogue. Pendant la master-class Dior
Photo: Bureau Cécile Rogue. Pendant la master-class Dior

Dans une petite rue tranquille, au cœur de Moscou, se cache une école dirigée par une Française, Cécile Rogue. L’école éponyme enseigne l’Art de Vivre à la Française. C’est dans une atmosphère épurée et parfumée qu’une vingtaine de femmes russes attendent impatientes le début de la conférence organisée sur Dior. Une coupe de champagne à la main, habillées très chic, toutes sont venues dans l’espoir d’apprendre quelques menus secrets sur cette grande marque française de la mode.

« Les Russes sont très réceptifs à l’environnement français que cela soit dans la mode, dans la culture, la parfumerie, la littérature… Nous ne présentons pas toujours du haut de gamme, car ce qui compte vraiment pour notre auditoire c’est l’histoire et le savoir-faire d’une marque», explique Cécile Rogue, installée depuis plus de vingt ans à Moscou.

Ainsi pendant 4 heures et pour 4000 roubles, des femmes de toutes générations et de tous milieux sociaux, viennent pour le plaisir et par soif d’apprendre. Car ici, il ne s’agit pas de vendre un produit ou une marque, mais bel et bien d’expliquer à travers des grands « noms », des techniques de fabrication et un authentique savoir-faire qui racontent la culture française.

Nous ne savions rien de ces univers étrangers

Eléna est médecin et directrice d’un institut de beauté. La cinquantaine, elle participe régulièrement à ce type de conférence parce qu’elle « aime s’instruire ». « J’aimerais apprendre quelque chose qui n’est pas connu de tous et parfaire ainsi mes connaissances générales. C’est une démarche intellectuelle. Je veux comprendre un savoir-faire et saisir la véritable « identité » d’une marque», confie t-elle.

« Pendant la période soviétique nous ne savions rien de ces univers étrangers », rappelle une autre participante. « Aujourd’hui nous avons accès à toutes les informations mais finalement cela reste superficielle. Alors que ces réunions nous permettent de comprendre et d’avoir une connaissance approfondie d’un sujet. » Avant de pénétrer dans la salle de conférence, elle ajoute qu’en ce qui la concerne, la connaissance « renforce l’estime de soi».

« Je travaille avec des Français et il me semble important de comprendre leur univers, leur environnement, pour être plus proche d’eux. Cela me rassure et me met en confiance», explique une adepte des master-class.
Julia est une jeune décoratrice. « C’est un privilège d’apprendre quelque chose qui relève du secret, de l’intimité d’une marque. Et faire partie d’un petit nombre de personnes à connaitre ce secret est un atout», ajoute t-elle.

La France, c’est ça…

Le label français continue de faire vendre, et pas seulement dans le domaine du luxe. Déjà dans les années 1990, l’origine étrangère d’un produit était souvent perçue comme un gage de qualité supérieure et poussait même certaines entreprises russes à donner des noms à consonance étrangère à leurs produits afin d’accroitre les ventes.
Aujourd’hui, c’est au-delà des produits de consommation que la France est une référence. La classe moyenne russe veut apprendre et comprendre les différents savoir-faire, tout comme elle s’intéresse à l’étiquette à la française, gage de bonne éducation.

« Je pense que la période soviétique a créé une coupure pendant laquelle les Russes ont perdu des traditions et de l’authenticité. Or aujourd’hui c’est compliqué de les retrouver, c’est pourquoi les Russes ont tendance à se tourner vers la France », révèle Cécile Rogue.

L’école a ainsi organisé pour sa clientèle russe des conférences, avec l’intervention de spécialistes, sur les différents types d’enseignements scolaires en France et en Angleterre afin d’aider les Russes désireux de scolariser leurs enfants en Europe. Ou encore une conférence sur l’histoire des jardins à la française avec la présence de Marie-Sol de la Tour d'Auvergne. Des sujets intemporels mettant en avant une histoire, une technique, une façon de faire.

« Notre idée est de dénicher des sujets, des petits trésors, et les mettre en valeur en disant, voilà, la France c’est ça… », conclut la directrice de l’école, qui regrette que les Français ne sachent pas bien se vendre et ne se rendent pas toujours compte de l’engouement des Russes pour leur culture.

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