En Russie, l‘économie du Baïkal boostée

Pour renforcer l'économie locale et créer de l'emploi, la Russie a décidé de lever certaines interdictions environnementales dans la région du lac Baïkal, en Sibérie.

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Le lac Baïkal, classé patrimoine mondial de l'Humanité en 1996 par l'Unesco

Pour créer de l’emploi dans la région du lac Baïkal, les autorités locales ont emboité le pas au gouvernement russe avec une législation favorisant l'installation de petites et moyennes entreprises. Ces mesures, associées à la levée d’interdictions environnementales initiée par le Kremlin, témoignent du double défi caractérisant la région : respecter l'environnement tout en conservant une activité industrielle nécessaire.

Les mesures concernent Irkoutsk, la Bouriatie et la Transbaïkalie. C'est officiel depuis le 7 mars, le gouvernement russe a "levé les restrictions sur l'électricité produite en dehors des frontières du territoire du lac Baïkal, et sur la construction de boulangeries, confiseries et de plusieurs usines de pâtes alimentaires."

Un document publié sur le site du gouvernement russe ajoute que le principal objectif de la révision de la législation est de "créer des lignes de production respectueuses de l'environnement qui fourniront des emplois pour la population de la région d'Irkoutsk, maintenant que les entreprises dangereuses pour l'environnement ont été éliminés."

Une précision de circonstance, quand on sait quelle menace écologique pèse sur la perle de Sibérie. En témoignent les nombreux rapports de l'UNESCO, qui a classé le lac Baïkal "patrimoine mondial de l'Humanité" en 1996, pour ensuite menacer de l'inscrire sur la liste du patrimoine mondial en péril, en 2012. Le lac Baïkal accueille 1 700 espèces de plantes et d'animaux, dont les deux tiers ne trouvent nulle part ailleurs dans le monde, rappelle le Siberian Times.

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Le phoque du Baïkal est le seul phoque d’eau douce au monde. Il est aussi le seul mammifère vivant dans le lac. Le phoque du baïkal ou nerpa en russe, représente le superprédateur de l'écosystème du lac

De leur côté, les autorités locales ont un objectif revendiqué de créer un climat favorable pour les petites et moyennes entreprises dans les domaines "prioritaires de développement socio-économique".

"La République de Bouriatie est en retard à bien des égards. Cela est dû à des raisons clairement liées au fameux facteur Baïkal, comme on l'appelle. Depuis deux décennies, les lois fédérales concernant le Baïkal interdisent presque toute activité économique dans la zone écologique centrale du Baïkal", explique Vyacheclav Nagovitsyn, préfet de la Bouriatie dans un article du Siberian Times.
Si la nouvelle réglementation concerne pour l'instant trois types d'usines, la liste est en voie d'élargissement. Des représentants du ministère des Ressources naturelles de la région d'Irkoutsk ont d'ailleurs demandé aussi à ce que soit élargie la liste des activités commerciales autorisées. Pour eux, ce sont plus précisément la construction navale et la transformation du bois et des produits agricoles qui doivent être développés.

Une région sinistrée

En 2008, une usine de pâte à papier qui fournissait, à l'époque de la guerre froide, la cellulose pour les pneus d'avion de l'Armée soviétique, a dû fermer à Baïkalsk, sur la rive sud du lac. L'usine déversait 60% de ses déchets industriels dans le lac. Comble de l'ironie, l'usine, qui venait d'installer une station d'épuration, n'a pas fermé pour des raisons écologiques mais suite à un dépôt de bilan.
À l'époque, plus de 1000 personnes ont perdu leur travail. Sont donc exclues les chaudières au charbon ainsi que la fabrication de papier, de carton et de cellulose.

Aujourd'hui, cinquante mille personnes vivent près du lac dans des conditions difficiles. Les sols sont pauvres et ne permettent pas de vivre correctement. Cette réforme promet de créer de l'emploi et de redynamiser la région. Reste à voir si l'UNESCO approuvera ces mesures qui pourront être considérées comme dangereuses pour l'environnement.

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Portrait de Gaston

Plutôt que des usines de pâtes alimentaires ou de papiers qui consomment beaucoup d'eau et d'énergie électrique, il faudrait y faire une zone franche pour les start ups informatiques et les centres de recherches technologiques, et développer l'électricité éolienne plutôt que thermique. Il faudrait aussi interdire la navigation sur le lac Baïkal à tout bateau ou sous-marin ayant naviguer dans un océan car ils peuvent introduire dans le lac des algues ou des micro-organismes qui risquent de supplanter les espèces locales.



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