Eglise russe à Paris: Delanoë ne veut pas de cette «architecture de pastiche»

Le projet de construction de l’église russe, à la place de l'ancien siège social de Météo France, déplait fortement au maire de Paris. Ce dernier en appelle à l’Unesco pour que le permis de construire ne soit pas délivré sans l’aval d’experts internationaux.

Sade et Arch Group / LP Eric Le Mitouard

Le maire de Paris s’oppose vivement au projet de centre culturel orthodoxe russe qui doit voir le jour à l'angle du quai Branly et de l'avenue Rapp (VIIe).

Architecture "médiocre", conçue "dans la précipitation", Bertrand Delanoë ne mâche pas ses mots pour exprimer aujourd’hui son opposition à ce projet qui, « tel qu’il a été déposé ne saurait convenir », lit-on sur le site de Météofrance.com

Loin de remettre en cause la construction d’un lieu de culte russe à Paris, il estime que cette « architecture pastiche » relève "d'une ostentation tout à fait inadaptée au site classé au patrimoine mondial de l'Unesco ou à la perspective de la tour Eiffel. "

Il indique également dans le blog du Grand Paris que le projet a été conçu entre les Etats russe et français, « sans l’accord de la Ville de Paris » et que le permis étant délivré par l'Etat, "Russes et Français se sont mis d'accord sans se soucier des avis de la municipalité au nom, sans doute, d'une diplomatie bien comprise."

Aussi réclame-t-il auprès de l’Unesco – « garante de la sauvegarde des rives de la Seine » - qu’elle se mobilise pour « qu’aucune autorisation [de construire] ne soit donnée sans l’aval d’experts internationaux ».

Du classique à bulbes dorés

En mars 2011, Le cabinet français Sade et le bureau russe Arch Group remportaient, lors d’un grand concours international, le projet de conception de la future église russe qui sera érigée près de la Tour Eiffel.

Image of L'Église orthodoxe
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De tous les projets présentés, Bertrand Delanoë estime qu’ « il existait des propositions bien plus satisfaisantes, soucieuses d’harmonie urbaine et respectueuses du paysage parisien ».

La ville de Paris avait ainsi tenté de défendre le projet contemporain de Frédéric Borel. Mais pour les religieux russes, le Français n'avait rien compris à ce qu'est "une église traditionnelle russe".

Le choix s’est donc porté sur le projet de Manuel Nunez-Yanowsky : une église russe à l'architecture classique, surmontée de bulbes dorés, visibles de la Seine (le plus haut des bulbes s'élève à 27 m), avec un toit surmonté d'un " long voile de verre de plusieurs milliers de mètres carrés, évoquant celui de "Marie, mère de Dieu"", qui se transforme en façade photovoltaïque sur le bâtiment culturel à l’arrière de l’édifice religieux.
Un jardin d’une surface de 3.400 m2 est aussi prévu. Le montant du projet est estimé à 34.5 millions d’euros, et les travaux devraient commencer début 2012.

Le projet "le moins pire"

Ceci étant, à l’époque, le projet vainqueur aux lignes contemporaines était aussi loin de faire l'unanimité dans la communauté russe comme le dévoilait le sondage effectué par l'association franco-russe Maxime-and-Co.

L'association expliquait que si le modèle d'église proposé par Sade/Arch Group arrivait en tête du sondage, ce n'était pas parce que les votants avaient unanimement considéré que c'était le meilleur projet, mais que les plus «classiques» des internautes avaient préféré éviter le pire en choisissant le projet contemporain le moins original.

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