Edouard Moradpour, l’inventeur de la publicité en Russie, se dévoile

Celui que l’on nomme le Père de la publicité en Russie a publié un premier roman très autobiographique, La Compagne de Russie, préfacé par Jacques Séguéla. Au cœur de l'intrigue, le suicide inexpliqué de la belle Aliona qui va bouleverser le héros, un publicitaire français à Moscou…

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Edouard Moradpour © Louis Monier

Aujourd’hui la Russie : Cela ressemblait à quoi d’inventer la publicité en Russie ?

Edouard Moradpour : C’est toujours captivant d’être un défricheur, de créer et de laisser une trace dans un pays. J’ai d'abord conçu l’agence russe Leo Burnett Moradpour (aujourd'hui dans le Groupe Publicis), puis Euro RSCG Moradpour pour le Groupe Havas.
Je suis arrivé en Russie à la fin de l’année 1989, au moment de la chute du mur de Berlin. J’ai senti qu’il y aurait beaucoup de choses à faire dans ce pays notamment dans le domaine de la communication.

A l’époque, la publicité n’existait pas, tout simplement parce qu’il n’y avait rien à vendre. Il n’y avait pas de marque, donc pas de marketing.
Je suis arrivé dans un désert publicitaire où il y avait tout à faire. Je fus ainsi l’initiateur de la création du métier de publicitaire et de l’industrie de la publicité dans le pays, d’où mon surnom de Père de la publicité en Russie.
Dès que le niveau de vie est monté, les Russes ont été friands de marques, de références, et la publicité a naturellement été très bien accueillie pour justement leur donner l’appétit de ces marques.

ALR: 20 ans en Russie, c’est une longue période. Aviez-vous le goût du pays ?

E.M: J’ai des racines russes du côté maternel et nous parlions russe à la maison, donc j’ai toujours eu une double culture. Mais, je suis resté en Russie parce que j’avais un métier passionnant et aussi une âme, à moitié russe, qui m’a permis de bien comprendre ce pays et de l’aimer davantage.

J’ai, par ailleurs, vécu beaucoup d’aventures et une partie d’entre elles sont racontées dans mon livre.

ALR : Justement, votre premier roman vient d’être publié. Pouvez-vous nous résumer l’intrigue ?

E.M : Alexandre, le héros de ce livre, est un brillant publicitaire français qui découvre les excès et les tourments de Moscou. Il fait la rencontre de nombreuses jeunes femmes russes, toutes conquises, qu’il est incapable d’aimer mais trop faible pour quitter. Le suicide inexpliqué de sa compagne Aliona, après sept années de vie commune, va déclencher des changements dans sa vie.

L’évolution du personnage d’Alexandre est intéressante. Au début du roman, c’est une personne très matérialiste, attaché aux plaisirs. Il ne connaît pas l’amour et va de conquête en conquête, tout en respectant beaucoup les femmes. A la suite du suicide de sa compagne, il se posera des questions fondamentales sur le sens de la vie et partira alors dans une longue quête.
Il découvrira finalement que le vrai sens de la vie est l’Amour. C’est un chemin que malheureusement beaucoup de gens comme moi expérimente après une tragédie.

Image of La compagne de Russie
Manufacturer: MICHALON
Part Number: 43040
Price: EUR 20,00

ALR : C’est un livre largement autobiographique. Pourquoi l’avoir écrit ?

A.M : Ecrire ce livre était une réelle nécessité. Il y a eu une tragédie dans ma vie privée et ce livre était un témoignage, une confession, mais aussi un hommage que j’ai voulu rendre à une personne qui m’était chère.

Il ne faut cependant pas oublier que c’est un roman, donc si sa base est fortement autobiographique, il y a aussi des éléments fictifs. Et je garde pour moi la part de mystère entre ce qui est vrai et ce qui est faux…

ALR : C’est un livre également très féminin. Quelle est votre vision de la femme russe ?

E.M : En Russie, heureusement qu’il y a les femmes ! Elles sont globalement très intelligentes, très cultivées, avec une vision de la vie très positive. Malheureusement, la Russie est un pays extrêmement macho et elles ne reçoivent pas toujours les égards et le respect qui leur est dû.

ALR : Ce travail d’écrivain était-il difficile ou finalement proche de votre travail de publicitaire ?

E.M : C’est un travail très différent de la publicité, excepté au niveau de la création où l’inspiration est identique.
Dans mon métier, il s’agit d’écrire quelques mots, une phrase ou un slogan, alors qu’il faut rédiger 300 pages pour un livre. C’était très difficile d’écrire. Cela m’a pris trois ans, deux années d’écriture et une année de travail avec l’éditeur.

Mais cela m’a donné le goût, d’ailleurs mon deuxième roman est en cours. Il ne s’agira plus d’une histoire intime et autobiographique, mais d’une pure fiction qui se passera encore une fois à Moscou… 20 ans de Russie, cela laisse des traces.

ALR : Pourquoi avez-vous quitté la Russie ?

E.M : J’avais envie de retrouver mes racines françaises et j’avais fini mes contrats avec les agences de publicité donc c’était le moment. Et puis 20 ans en Russie, c’est déjà bien…

Le livre « La compagne de Russie » sera publié en Russie (en russe) en 2013.

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Portrait de Anna
5

Ce serait intéressant qu'il écrive un livre sur son travail de publicitaire en Russie au début des années 90.



Portrait de d.mariame
4

"La compagne de Russie", c'est un titre intéressant. Oui, il serait instructif qu'il nous écrive un livre sur sa vie de publicitaire en Russie, peut -être un autre sur les 10 raisons de préférer une femme Russe!!!



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