Développer les transports publics: un des principaux objectifs du "Grand Moscou"

Différents acteurs sont intervenus lors de la conférence "Grand Moscou - Grand Paris": agglomérations modernes et partenariat public-privé », organisée par la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe (CCIFR), dont le maire adjoint de Moscou pour qui la priorité doit être donnée aux transports publics.

© Jérome Bregere

« Pour des raisons évidentes, il est impossible d’augmenter la capacité d’accueil des infrastructures routières de la ville. Moscou a été conçue pour un nombre tout à fait différent de voitures et il est maintenant physiquement impossible de modifier cet état de fait. Par conséquent, la priorité est donnée aux transports en commun et en premier lieu au métro », explique Andreï Charonov, maire adjoint à la ville de Moscou.

Ce dernier souligne également la nécessité de construire des stations relais et des parking en périphérie pour les personnes qui viennent des banlieues en voiture, afin qu’ils laissent cette dernière hors du centre-ville et se déplacent via les transports en commun. Il s’agit dans le même temps d’augmenter les coûts pour les automobilistes qui poursuivront malgré tout leur trajet en voiture. Cela consiste à rendre le stationnement payant dans le centre-ville et à augmenter le montant des amendes pour stationnement interdit…

Le problème de la circulation routière concerne aujourd’hui toutes les mégapoles, et toutes tentent de le résoudre différemment. Lors de la conférence, des Parisiens ont partagé leur expérience en la matière. Michel Morel, сhargé d'affaires de Vinci Park a déclaré que Moscou manquait de parkings souterrains, qui ont préservé Paris de la congestion.

Vincent Pringault, directeur du Centre franco-russe pour l'efficacité énergétique à Moscou, a proposé de développer les transports alternatifs en citant l'exemple de la location de voitures électriques à Paris, avec le système Autolib (avec parking gratuit). Le programme est conçu pour améliorer la situation environnementale, les transports intra urbains et encourager les citadins à louer une voiture au lieu de la posséder.

Le modèle du partenariat public-privé

Un des thèmes spécifiques a porté sur les mécanismes de financement des projets d’infrastructures, ainsi que sur la possibilité d'utiliser le modèle du partenariat public-privé (PPP). Le Premier Vice-directeur du département des transports et du développement des infrastructures de Moscou, Evgueni Mikhaïlov, a présenté les plans de participation du secteur privé dans le développement des transports publics à Moscou.

Selon lui, les services de transport dans la ville vont profondément changer avec le concours des investisseurs. "Des itinéraires du point A au point B seront déterminés, avec une certaine fréquence de passage. Des appels d’offres seront organisés, auquel chacun pourra participer", explique Evgueni Mikhailov.

Selon lui, seulement 30% du réseau de transport sera confié au secteur privé ; le reste sera maintenu dans le giron public. Mais ces 30% permettront de réduire considérablement les coûts du réseau de transport.

« Le modèle du PPP est complexe et il n'est pas nécessaire de l'appliquer là où il est possible de tenir les budgets. Pourtant, même avec le budget de Moscou, il n’est pas impossible de manquer de fonds. Par conséquent, il peut être intéressant d'attirer des investisseurs privés afin de consacrer l’argent public à d'autres fins », a conclu Charonov.

Les représentants des entreprises françaises ont confirmé leur intérêt à investir dans des projets à Moscou. C’est le cas du vice-président de SVP Finance - Alstom Transport, Martin Vaujour, qui a évoqué les projets de construction de nouvelles lignes de tramway du Grand Moscou : « J'espère vraiment que nous allons remporter l’appel d’offres et réaliser ce projet. La coopération avec nos partenaires russes offre d’excellentes perspectives à notre entreprise ».

Les problèmes des investisseurs étrangers en Russie

« Cette conférence a montré l'importance d'unir toutes les parties prenantes au sein d’une plate-forme unique. Si nous voulons développer les PPP dans notre pays, nous avons besoin d’attirer les étrangers, de profiter de leur expérience et plus important encore, de changer leur point de vue sur la Russie. Les Français venus aujourd’hui à Moscou ont pu observer qu’ici, en Russie, il existe de nombreuses opportunités et possibilités de développement », a affirmé Pavel CHINSKY, Directeur général de la CCIFR.

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Martin Vaujour a exprimé ses doutes au sujet des projets à long terme. « L'Etat ne fournit pas de garanties pour ces projets à long terme, comme par exemple la construction d'une nouvelle ligne de tram avec une concession d’exploitation de trente ans. Il est nécessaire de combler les lacunes juridiques qui empêchent la mise en place des PPP », a-t-il expliqué.

Les experts ont souligné la nécessité d'un réel contrôle des projets et d’une interaction efficace entre le gouvernement et le secteur privé aux premiers stades de développement. Ils estiment en outre que le monde des affaires russes a besoin de voir émerger des organisations compétentes en la matière.
Il existe déjà en Europe des organisations commerciales solides qui prennent en charge l’attribution de certains marchés pour le compte de l'État (par exemple, la sélection des participants pour la réalisation d’un projet particulier), et il est aujourd’hui primordial que les autorités se rendent compte qu’un projet de PPP est un projet d'entreprise et adoptent une attitude appropriée.

Cependant, la création d’une métropole mondiale, moderne et compétitive n’est pas une tâche facile. Dans le cadre du projet du « Grand Moscou », la Russie a besoin de l'appui de ses partenaires étrangers, particulièrement en ce qui concerne l’utilisation du modèle de partenariat public-privé.

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