Covid-19, la Russie s’organise

La Russie est lancée dans la course au vaccin contre le Covid-19. En attendant, le pays s’organise et la semaine prochaine, du 30 mars au 5 avril, sera non travaillée afin de tenter de ralentir la propagation du virus.

Photo © Sputnik. Ramil Citdikov

La situation en Russie

Officiellement, plus de 1000 cas de Covid-19 ont été enregistrés à ce jour en Russie et 2 décès. 38 personnes sont guéries et environ 122 000 restent sous la surveillance des médecins.

Afin de ralentir la propagation du virus le gouvernement russe a pris la décision de fermer les frontières aux étrangers, et de mettre en quarantaine de deux semaines ceux qui rentrent de voyage ou ont été en contact avec des personnes infectées.

Les mesures les plus strictes sont introduites dans la capitale russe, Moscou, qui compte presque 550 cas de Covid-19. Les autorités ont fermé toutes les écoles et universités, les musées, les bibliothèques, les piscines, les clubs de fitness et les boîtes de nuit.

Sergueï Sobianine, le maire de Moscou, a obligé les Moscovites âgés de plus de 65 ans ou malades chroniques à ne pas sortir de chez eux.

Le président Vladimir Poutine qui s’est adressé le 25 mars à la nation a appelé les Russes à être vigilants face à la maladie et à rester chez eux. Le chef de l’État a annoncé le report du vote populaire prévu le 22 avril sur la réforme constitutionnelle et a déclaré que la semaine prochaine (du 30 mars à 5 avril) sera non travaillée pour ralentir l’avancée de la pandémie.

Les scientifiques russes dans la course au vaccin contre le Covid-19

Deux institutions, le Centre d’État de recherche en virologie et biotechnologie Vector en Sibérie et l'Agence fédérale médico-biologique russe (FMBA) à Moscou se sont associées dans la recherchent du vaccin contre le coronavirus 2019 nCoV. Dès le mois de mars, la Russie a lancé des essais du vaccin contre le Covid-19.

Selon le premier-ministre Mikhaïl Mishustin, les chercheurs russes ont créé six prototypes du vaccin. "Nos scientifiques les ont créés en très peu de temps, en deux mois, en utilisant les développements existants et les biotechnologies les plus récentes", a-t-il indiqué. Le chef du gouvernement russe a noté que les travaux sur les vaccins se déroulaient 24 heures sur 24. Les scientifiques ont réussi à séquencer le génome complet du nouveau coronavirus à partir de matériau provenant d'un patient infecté par le Covid-19.

L'Agence fédérale médico-biologique russe (FMBA) a déjà lancé sur des souris les recherches sur l’immunogénicité. Les résultats des premières études sont attendus en juin. Selon l’agence, la deuxième phase devrait être achevée au début du troisième trimestre.

Quant au Centre national de recherche en virologie et biotechnologie Vector, il a débuté les études d'immunogénicité de tous les prototypes de vaccins développés sur des animaux de laboratoire, y compris sur les primates inférieurs. Après ces études, les scientifiques vont identifier les prototypes les plus prometteurs et les plus sûrs.

La Russie n’est pas le seul pays qui s’est lancé dans une course pour développer un vaccin contre le nouveau coronavirus. De nombreuses équipes y compris en Chine, en France et aux États-Unis travaillent sur le vaccin contre cette maladie qui a fait déjà plus de 22 000 morts.

Un processus qui peut prendre plusieurs mois

Les experts russes assurent toutefois qu’on est très loin d’un vaccin disponible contre le coronavirus 2019-nCoV. Ils estiment qu’il faudra plus d'un an et demi pour le développer.

Le directeur par intérim de l’Institut de recherche sur la grippe Dmitry Lioznov, explique : "Le processus le plus rapide relativement, n’est que la phase préparatoire. Ensuite, il y un long processus d'études précliniques sur les animaux, puis il faut effectuer des essais sur des volontaires sains", a expliqué Lioznov.

Viktor Maleev, conseiller pour le travail scientifique du directeur de l'institut central d'épidémiologie de Rospotrebnadzor, estime que le vaccin peut apparaître après la fin de l'épidémie.

"Nous pourrons fabriquer le médicament quand l'infection sera déjà terminée. C'est ce qui s'est passé avec le SRAS en 2002. L'infection a disparu et le vaccin a été jugé inapproprié", a-t-il expliqué. Il a également rappelé que dans de nombreux cas des vaccins n’ont pas pu être mis au point. "Par exemple, des millions de personnes meurent du paludisme et il n'y a pas encore de vaccin et il en est de même pour le VIH. Idem pour l’hépatite C", a-t-il ajouté.

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