Cédric Etlicher, candidat pour les Français de Russie

A Moscou, les Français de Russie et de Biélorussie éliront dimanche 25 mai leurs conseillers consulaires. Entretien avec Cédric Etlicher, tête de liste Français de Russie et Biélorussie : Citoyens et Solidaires.

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Photo: l'équipe de Français de Russie et Biélorussie : Citoyens et Solidaires.

Cédric Etlicher habite en CEI depuis 17 ans, à Moscou depuis 12 ans. Marié, père de 2 enfants, il est diplômé d’un 3ème cycle de l’ESC Marseille Provence. Il a commencé sa carrière à Kiev dans un cabinet d’immobilier professionnel. En 1998, il se déplace à Minsk pour une filiale d’une PME française de cosmétique.

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Cédric
Etlicher

A partir de 2000, il se développe en Russie et en fais sa résidence principale à partir de 2002. Cédric Etlicher intègre la filiale d’un groupe français de cosmétique qu’il quitte en 2011 pour se mettre à son compte.
 Elu à l’Assemblée des Français de l’Etranger en 2006, son mandat l’occupe trop pour être compatible avec un emploi salarié.

Depuis avril 2014, en plus de sa société de consulting, il a intégré le Conseil d’Administration d’une petite banque d’affaires régionale russe, dans le but de les aider à internationaliser tant les projets que les processus.

Un conseiller consulaire pour quoi faire ? Toutes les informations sur les élections et la représentation des Français de l’étranger : ICI

Russie Info : Quels sont, selon vous, les besoins de la communauté française en Russie ?

Cédric Etlicher : À ce jour, les besoins principaux de nos compatriotes concernent principalement l’enseignement et les conditions d’accueil dans les écoles françaises en Russie. Il y a toujours eu des tensions au niveau des capacités d’accueil pour nos enfants, et la question immobilière est récurrente depuis le début des années 2000. Cependant, tant à Moscou qu’à Saint-Pétersbourg, des solutions sont en train d’être mises en place. C’est un réel progrès pour lequel nous nous sommes beaucoup investis.


À l’avenir, les questions seront plus diverses car la population installée évolue, avec davantage de personnes sous conditions locales donc ayant des moyens plus modestes. La réussite d’une expatriation passe par le scolaire (pour les enfants), mais aussi par les minimaux en terme de couverture sociale ou de retraite. Nous avons l’avantage en Russie d’avoir des conditions d’accueils correctes, où les questions de sécurité ne sont pas d’actualité. Nous constatons aussi que, de plus en plus de compatriotes s’installent en régions, hors des grandes villes où se concentrent traditionnellement les communautés françaises. Ils auront besoin d’aide pour la scolarité de leurs enfants, mais aussi d’appui dans leurs relations de tous les jours avec les administrations locales.


Russie Info : Quel est votre programme ? Vos priorités et vos enjeux ?

Cédric Etlicher : Mon programme est simple : continuer et amplifier ce qui a été fait depuis 2006, en m’appuyant sur une équipe compétente et soudée. En réalité, depuis 2006, j’ai toujours eu une équipe autour de moi, pour m’informer des problèmes auxquels nos compatriotes font face et faire remonter les informations. En effet, si un grand nombre de mes actions concernent des dossiers sur le long terme, il est aussi fréquent d’être saisi de cas précis qui nécessitent une réponse dans l’urgence : problèmes de visa, situation financière temporairement délicate, lenteurs administratives, ou plus simplement une mise en relation qui va faciliter la résolution d’un problème (à force d’avoir été en relation avec les différentes administrations, j’ai la capacité à trouver l’interlocuteur adéquat dans bon nombre de cas).

En moyenne, chaque semaine m’apporte deux cas, qui peuvent être très variés, mais qui ont en commun de nécessiter une réponse urgente. Grâce à l’équipe qui m’entoure, nous serons capables de continuer à traiter ces cas de manière de plus en plus efficace.
Un autre point est que la réforme de la représentation des Français de l’étranger a rapproché les élus de leurs électeurs, en diminuant la taille des circonscriptions. Ne plus avoir la responsabilité des 12 pays va me dégager du temps pour me consacrer à des dossiers économiques et à la saisie d’opportunités commerciales et industrielles pour nos compatriotes. Nous pourrons ainsi améliorer nos positions économiques en Russie, mais aussi aider à soutenir l’emploi pour nos compatriotes.

Russie Info : Comment comptez-vous être proche de vos élus ?

Cédric Etlicher : Je suis élu depuis 2006 et ai toujours été proche des électeurs. Il est vrai qu’étant élu pour les 12 pays de CEI, j’ai été très sollicité. Réduire la taille de la circonscription à la Russie et à la Biélorussie va me permettre d’intensifier ma disponibilité sur cette zone. Il faut savoir qu’un mandat consulaire occupe environ 20 h par semaine ; il faut le prendre en compte et être capable de s’organiser en conséquence.

C’est dans cet esprit d’ailleurs que j’ai posé ma candidature, ce n’est pas une candidature personnelle, mais la candidature de toute une équipe : nous présentons 6 personnes impliquées et déjà présentes dans la communauté française, tant au niveau économique que social ou éducatif. L’élection par liste a permis de mettre en valeur certaines de ces personnes qui travaillaient déjà dans l’ombre au service de notre communauté. Et l’équipe ne s’arrête pas aux six noms sur la liste : en réalité c’est plus d’une vingtaine de personnes qui régulièrement mettent leur expérience au service de nos compatriotes.

Même si tous ne peuvent être élus, cela nous permet d’être présents à tous les comités consulaires, au moins en qualité de membre qualifié. Ayant depuis 2006 été le seul élu sur toute la zone de la CEI, j’ai dû m’appuyer sur un réseau de correspondants locaux pour suivre, par exemple, ce qui se passait dans tous les comités consulaires des différents pays de ma zone. Ces correspondants assistaient aux différents comités soit au titre de mes représentants, soit en tant que « personnalité qualifiée ». Il faut en effet savoir qu’il n’y a pas besoin d’être élu pour être impliqué. Il faut juste s’en donner les moyens.

Enfin, les progrès des techniques informatiques nous permettent aussi d’être plus proches des gens sans avoir à nous déplacer. La Russie n’est pas le Luxembourg, et il faut beaucoup de temps et de moyens pour rendre visite à tout le monde. Cependant, j’ai toujours été proche et disponible, car il est impossible sans cela de connaître correctement la situation de nos compatriotes sur toute la zone.

Russie Info : Dans quels réseaux évoluez-vous ?


Cédric Etlicher : Je ne suis pas un homme de réseaux. J’ai toujours mis à disposition mon carnet d’adresses quand cela était nécessaire, et en échange j’ai toujours pu compter sur mes relais pour trouver les personnes que je souhaitais joindre. J’ai pu aussi au fil des ans développer des relations avec les autres élus de l’Assemblée des Français de l’étranger, avec les autorités consulaires et diplomatiques tant françaises que russes, avec des ministres et anciens ministres, avec des élus de tous bords, avec les chambres de commerce, les accueils francophones et toutes les associations représentant les Français à l’étranger. C’est cette expérience qui nous permet d’identifier les bons acteurs puis de les joindre pour aider efficacement nos compatriotes en cas de besoin.


Russie Info : Que pensez-vous de la politique française vis-à-vis de la Russie, au regard des récents événements ?

Cédric Etlicher : Je pense que l’invitation faite par le Président Poutine pour les commémorations des 70 ans du débarquement allié du 6 juin 1944 montre qu’il y a une volonté de dialogue. Même s’il y a des désaccords, les programmes de coopération culturelle, économique, voire militaire (avec les Mistral) ne sont pas remis en question. C’est un signe que le dialogue continue et que chaque partie considère qu’un consensus sera trouvé. Je pense qu’il y a, de la part des journaux de métropole, un ton supérieur à celui qui devrait être.

À ce propos, j’aurais aimé avoir ne serait-ce qu’un article relatant la visite du Premier ministre en novembre dernier. Il semble qu’une bonne relation entre la France et la Russie, quelle que soit la période, ne fait pas vendre et qu’il reste encore beaucoup de chemin pour passer les messages concernant l’entente cordiale et respectueuse qu’il existe entre nos deux pays.

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