7 janvier: les Russes célèbrent Noël

Aujourd'hui, les Russes fêtent le Noël orthodoxe selon le calendrier grégorien. Une date longtemps ignorée pendant l’époque soviétique. Aujourd’hui, les croyants remplissent les églises tandis que les autres investissent, en famille, la cuisine.

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Le marché de Strasbourg installé à Moscou © Colombe Prins

Hélène, une jeune moscovite, partage ses traditions et ses recettes de fêtes à travers son blog Plume-de-loin dédié à Moscou, sa ville natale. Pour le Noël russe, elle nous livre quelques secrets.

Le Père Gel (Дед Мороз) n’est pas attendu aujourd’hui dans les maisons russes car sa mission a été accomplie le soir du Nouvel An. Et bien qu’il ne soit qu’un lointain cousin du Père Noël, il réalise aujourd’hui la même fonction que ce dernier. Le Père Gel n’est ni lié à Saint Nicolas, ni à Noël mais au passé païen des Slaves qui le prénommaient Morozko (du mot moroz : le froid, le gel). Il était un des habitants du royaume des morts, une force malfaisante et très dangereuse. Celui qui a déjà passé un hiver russe, verra facilement le rapport.

Le 31 décembre, jour du Père Gel

Ce Père Gel a été inventé par des animateurs soviétiques dans les années 40. Vieillard aux cheveux blancs et à la barbe longue, il apparaît le soir du Nouvel An pour offrir aux enfants les cadeaux. « C’est son boulot et il le fait avec sa petite-fille Snégourotchka (Снегурочка). Jadis, elle était un personnage des contes de fée russes. C'était une jeune fille faîte de neige, animée grâce à la magie ou par la volonté divine. La Snégourotchka la plus célèbre est celle de la pièce de théâtre écrite par Alexandre Ostrovsky. Fille du Père Gel pendant l’époque soviétique, elle est devenue sa petite-fille», explique Hélène.

« Pour moi la fête du Nouvel An est une fête familiale. Je ne vais jamais sur la Place rouge ou au restaurant, cela vient surement de mon enfance quand j'attendais, chez moi, le Père Gel. J’ai toujours voulu le voir, mais je n’ai jamais réussi. La veille, mes parents donnaient tous les cadeaux à notre voisine qui venait après minuit les déposer devant notre porte. Elle ne faisait que sonner et s'enfuyait très vite. Lorsque j’ouvrais la porte, je trouvais mes cadeaux mais le Père Gel n’était déjà plus là. Dans ma famille, on se mettait à table autour de minuit et pendant que l’horloge du Kremlin sonnait, on faisait ses vœux : un vœu pour chaque coup de l’horloge. J’ai conservé cette tradition encore aujourd’hui.»

Noël dans la cuisine

Si beaucoup de Russes, non-croyants, ne célèbrent pas Noël, ils sont tout aussi nombreux aujourd’hui à s’offrir un repas festif, car la cuisine russe fait partie de la tradition.
Sur les tables, le gâteau Prague et les chocolats Lait d’oiseau, inventés par le pâtissier soviétique Vladimir Gouralnik, chef-pâtissier du célèbre restaurant moscovite Prague qui se trouve au début de la rue Arbat.

« La recette du Lait d’oiseau est la première qui a fait l’objet de brevets en URSS (dans les années 80). Quant à son nom – jadis il y avait un dicton : « A Moscou on peut tout trouver, à l’exception du lait d’oiseau ». C’est à dire "il y a tout ce qui existe ou peut exister". Le « lait d’oiseau » est quelque chose très rare. A l’époque, il ne devait être vendu que pendant vingt-quatre heures. C’est pourquoi on ne le produisait qu’en très petite quantité et qu’il y avait toujours une grande queue près de la pâtisserie du Prague. Maintenant, on peut trouver les deux gâteaux dans tous les magasins de produits alimentaires, mais, à mon goût, les meilleurs se trouvent dans les cafés et chez les petits chocolatiers», explique Hélène.

Image of NOEL RUSSE
Manufacturer: Les éditions L'Inventaire
Part Number:
Price: EUR 9,20

Ces gâteaux sont presque toujours accompagnés de piroguis (pâtés farcis) et des deux salades russes célèbres : "l'hareng sous le manteau" et "Olivier" (en français "la salade russe").

Noël pour les croyants

Pour les croyants, Noël commence la veille à l’église. Le service de Noël commence le 6 janvier à 21.00h et se termine le 7 janvier à 1 heure 30 du matin. « Et je sais qu’il y a des gens qui passent cette nuit dans les églises. Il y a la queue près de la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, les gens passent plusieurs heures dans la rue malgré le froid pour entrer au service et regarder le Patriarche de l’Église russe et les chefs de l'Etat », indique Plume de loin dans son blog.

Le jour avant le service du Noël s'appelle le "sotchélnik" - car jadis, pendant cette journée, les croyants jeûnaient et seulement après le service religieux de la nuit qui termine le carême ils prenaient le "sotchivo" (du mot russe "sok" - le jus). C'est un plat à base de grains (le blé, le riz, le lentille) bouillis et broyés, puis mélangés avec du jus de graines de pavot, d'amande ou de noix et du miel.

Autrefois, le jour qui suivait le service de Noël, les Russes recouvraient la table de plats à la viande, de piroguis, de blinis... Parmi les mets, on pouvait trouver de la tête du cochon farcie de bouillie de sarrasin, des saucissons, de la pryagénina (sorte de potage avec de la viande et du lard), de l'oie rôtie, etc...

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