25 ans après, Tchernobyl vit encore !

Des journalistes russes se sont rendus dans la zone de Tchernobyl 25 ans après la catastrophe du 26 avril 1986, et ont fait d’étonnantes rencontres.

Auto-tamponneuses abandonnées dans la ville de Pripiat, à 3 km de la centrale de Tchernobyl

«A quoi doivent s’attendre les Japonais d’ici un quart de siècle dans le pire des cas ? A une terre brulée ? A des monstres à sept têtes ?». Ce sont ces questions que se sont posées les journalistes du quotidien Komsomolskaïa Pravda. Ils ont décidé de se rendre à Tchernobyl, 25 ans après l’accident, afin de «comprendre les conséquences réelles d’une catastrophe nucléaire» et de «voir dans quelle mesure les prévisions les plus sombres se vérifient».

Gomel et ses deux habitants

Les journalistes se sont d’abord arrêtés dans l’Oblast’ de Gomel, en Biélorussie, l’une des régions les plus sinistrées. Ils y ont découvert de véritables déserts, des villes mortes. Au milieu de l’un de ces villages abandonnés, à Besed, ils ont pourtant réussi à rencontrer d’irréductibles Biélorusses. Une femme, qui ne voit pas pourquoi elle aurait du détruire sa maison et partir s’installer en ville comme les autres, et qui a décidé de rester là avec son fils. Son troupeau de vaches qui, dit-elle, «se reproduisent normalement, n’a jamais compté autant de têtes» : plus personne ne veut de son lait ni de sa viande !

«Le mal du pays ronge plus vite que la radiation»

Baba Lena, autre vieille dame rencontrée dans l’îlot d’habitation suivant, le village de Bartolomeevka, où vivent sept personnes sans lumière, sans gaz ni magasins, livre une analyse typiquement russe : «toutes les personnes de mon âge qui sont parties s’établir ailleurs sont aujourd’hui au cimetière. Tandis que nous nous vivons, et ne connaissons même pas l’hôpital. Le mal du pays ronge plus vite que la radiation».

Baba Lena poursuit en affirmant que la radiation en question n’est d’ailleurs visible nulle part. «Les Japonais sont venus, l’ont mesurée, et ont dit qu’elle était plus élevée qu’à Hiroshima après la bombe. Mais nous, nous continuons à boire l’eau d’ici et nous n’avons rien !».

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Léna et son époux ont refusé de quitter leur maison lorsque Bartolomeevka a été évacuée
©Theobserver.guardian.co.uk

«On vit plus longtemps là où on se sent bien»

Un tableau surréaliste et difficile à croire, auquel Victor Averine, directeur de l’Institut d’étude de la radioactivité de Biélorussie, apporte toutefois quelques explications : «Bien sûr que le déplacement n’a pas été facile à vivre pour tout le monde. Le villageois, habitué à sa terre, a du mal à se faire à la vie à la ville. On vit plus longtemps là où on se sent bien. Et ceux qui ont choisi de rester vivre dans ces villages morts s’y sentent bien malgré tout. C’est pour cela qu’ils vivent plus longtemps, même en se nourrissant de champignons radioactifs et de produits de leur potager contaminé».

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«La nature est en mesure de vaincre de telles catastrophes»

L’expert rapporte que les prévisions concernant une forte hausse des cancers due à l’iode radioactive se sont confirmées.
En dépit des horreurs causées par les radiations, Victor Averine se montre optimiste: «nous avons compris que la nature était en mesure de vaincre de telles catastrophes. La zone de radiation n’est pas devenue déserte. Au contraire, les espèces animales s’y sont même diversifiées», affirme Victor Averine, en niant catégoriquement qu’il ait pu apparaître des mutants, des hommes à deux têtes ou autres légendes qui ont tant effrayé les Soviétiques (et les autres) il y a vingt-cinq ans.

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Portrait de galanga

Témoignages fascinants.

"Le mal du pays ronge plus vite que la radiation"
=> Si cette dame n'était pas radioactive, je l'embrasserais !



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