«Louisa Lochkina», une héroïne moscovite qui plaît aux femmes russes

Louisa Lochkina est un phénomène. Les femmes russes suivent avec passion la vie de cette héroïne de roman dans la capitale russe.

Katia Metelizza

Louisa Lochkina est une Moscovite caractéristique : elle a trente ans, un enfant mais pas de mari, des diplômes de hautes études universitaires, et un travail dans une agence immobilière.

Louisa est avant tout l’héroïne de Katia Metelizza, auteur de chroniques publiées dans le magasine «Bolchoï Gorod» (la grande ville). L’idée était de raconter la vie quotidienne d’une Moscovite typique.

C’est pourquoi le premier titre choisi était «La chronique d’une héroïne», «parce que la vie est dure en Russie et c’est vraiment être héroïque de réussir à ne tuer personne du matin jusqu’au soir, ou de ne pas se suicider à la fin de la journée», plaisante à moitié Katia Metelizza.
Un premier roman intitulé «Le journal intime de Louisa Lochkina» a été édité à partir de ces parutions.

Louisa Lochkina n’est pas Briget Jones

Ses lecteurs la comparent souvent au personnage de Bridget Jones. A tort, affirme l’auteur qui défend que Briget Jones ne pourrait d’ailleurs pas être Russe : «Bridget vit comme dans un magazine glamour, ses émotions ne sont ni fortes, ni sérieuses. Elle veut se marier mais elle n’aime personne. Elle veut du sexe mais c’est juste pour se prouver qu’elle est vivante, maigre et séduisante».
Ce genre de femme n’est pas russe selon Katia Metelizza.

L’auteur dévoile qu’en fait Louisa est une part importante d’elle-même, «Elle est mon côté enfantin. Elle est drôle, puérile et très touchante. Je l’aime beaucoup, en fait elle est mieux que moi !».

Ni une Moscovite typique

Préférant lui laisser vivre son quotidien avec humour, l’auteur fait de son héroïne un personnage atypique. Elle traverse la vie avec un regard d’enfant, et en cela «elle n’est pas du tout une Moscovite typique».

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Le journal de Louisa Lochkina
Livre

Katia Metelizza souligne que son personnage est une femme indépendante, à l’image des femmes russes mais sans pour autant partager leurs tourments.
Du coup, l’auteur s’interroge sur le succès de son héroïne: «c’est sans doute parce qu’elle ne ressemble justement pas aux lectrices. Elle donne une image de femme insouciante à laquelle elles aimeraient ressembler».

Pourtant, l’auteur révèle qu’elle lui injecte de temps en temps les espoirs et les attentes des femmes russes.

Katia Metelizza confie qu’elle connait de nombreuses femmes et amies qui vivent de façon indépendante «Mais aujourd’hui quelque chose s’est brisé en elles. Surtout si elles ont plus de quarante ans. Peut-être qu’elles ne rêvaient pas d’un anneau au doigt mais elles sont fatiguées. Parfois elles ont peur. Elles ont réalisé soudain que si cela allait mal, personne ne les aidera, ni ne les prendra en charge».

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La jeune femme s’attriste et ajoute qu’en Russie, personne n'a d’obligation envers une femme seule et ses enfants. Alors que pour cette dernière, ses obligations sont plus importantes que ses droits. «C’est pourquoi leur quotidien est un exploit, même si c’est la vie qu’elles ont choisi», indique Katia Metelizza.

«Ces femmes sont-elles vraiment indépendantes ? Des hommes, certainement. Mais en général ? », s’interroge l’auteur, avant de conclure que c’est un privilège d’être une femme indépendante aujourd’hui en Russie, «C’est « smart » si vous êtes vraiment très forte. Forte et très riche».

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